École d'herboristerie en ligne
École d'herboristerie
en ligne

Althea Provence

Apprenez à utiliser et conseiller les plantes

Pourquoi faire nos programmes ?

Pour reprendre votre santé en main et surtout la garder grâce à nos bonnes herbes
Pour vous réapproprier un savoir oublié qui vous appartient, puis le passer aux générations futures
Pour recréer un lien perdu avec la plante qui soigne avec une vision globale "de la graine à la tasse".
Pour accompagner vos proches ou vos clients avec des conseils ancrés et validés par la pratique, respectueuse du système en place.

Derniers articles

Vous avez probablement marché dessus sans le savoir. C’est une petite plante discrète des prés et des talus qui fait de magnifiques fleurs jaunes, parfois tachetées d’orange. Elle est très abondante dans nos campagnes, et elle a des propriétés qu’un célèbre médecin phytothérapeute français a découvertes par pur hasard. Sur un malentendu en fait.

Dans cet épisode, je vous parle du lotier corniculé.

Avant de démarrer, je vous rappelle que l’école Altheaprovence vous propose toute une gamme de formations en ligne sur l’herboristerie appliquée, pour vous aider à comprendre comment vous pouvez accompagner vos proches ou vos clients pour différents types de problématiques de santé, toujours en complément d’un suivi médical.

Je vous rappelle aussi que je ne suis ni médecin, ni pharmacien, ni professionnel de la santé. Les informations partagées dans cet épisode sont à visée éducative uniquement et n’ont pas vocation à remplacer un suivi médical.

plusieurs pieds de lotier corniculé, montagne en arrière plan

 


Lotier corniculé : un peu de botanique

Allez, un peu de botanique pour commencer. Le lotier est une plante vivace de la famille des Fabacées que vous allez trouver un peu partout en France. Elle est herbacée (c’est-à-dire qu’elle ne fait pas de bois au fil des années, contrairement à d’autres plantes). Elle est relativement basse, parfois couchée au ras du sol. On la trouve en général sur les pelouses, dans les champs, sur les talus; au bord des chemins. Très courante dans nos campagnes.

Les feuilles sont alternes, trifoliées (donc 3 folioles), avec 2 stipules qui vont former avec les 3 folioles un groupe de 5. Donc ça ressemble à 5 folioles, mais techniquement, ce sont 3 folioles et 2 stipules.

Nous avons des inflorescences en grappe. Ce sont des fleurs papillonacées, donc 1 étendard, 2 ailes et une carène composée de 2 pétales. La couleur est en général jaune mais on trouve aussi des versions teintées d’orange et parfois ça peut tirer sur le rouge.

Le fruit est une gousse, typique là encore des Fabacées, et cette gousse est prolongée par une petite corne, d’où le nom de lotier corniculé. Un autre nom de la plante, c’est « pied de poule », qui vient de la disposition des gousses en éventail.

Elle est assez polymorphe, c’est-à-dire que certaines caractéristiques de la plante vont varier en fonction du milieu. On peut avoir des variations de la taille, de la forme des folioles, de la couleur des fleurs, de la pilosité. Ce qui peut paraitre un peu déroutant lorsqu’on n’a pas vu ces différentes variations car on pourrait croire que ce sont différentes espèces. Donc comme toujours, faites-vous accompagner par des gens qui connaissent la plante si vous voulez l’identifier.

plant de lotier corniculé, feuilles et fleurs

 

Parties utilisées

Les parties utilisées sont soit les fleurs, soit la partie aérienne fleurie (donc feuilles, fleurs et tiges). On récolte au moment de la floraison qui peut durer plusieurs mois. En général, le pic de floraison se trouve autour de juin-juillet dans de nombreuses régions.

On coupe les parties qui nous intéressent, on fait sécher bien à plat dans un endroit sec, et on peut conserver sec ou transformer frais, on parlera des formes et préparations dans quelques minutes.

 


Constituants

En ce qui concerne les constituants, nous avons 3 grandes classes :

  • Des flavonoïdes (quercétine, naringénine, kaempférol, etc.), probablement responsables en grande partie des effets sur le système nerveux dont nous allons parler.
  • Des tanins condensés ou pro-anthocyanidols, qui ont en général un effet tonique cardiovasculaire, en particulier sur le retour veineux. Bien que cette propriété ne soit pas mentionnée dans la tradition, du moins pas à ma connaissance.
  • Et des hétérosides cyanogènes dont nous allons reparler en détail.

Lotier corniculé : utilisations médicinales

Allez, on parle de propriétés médicinales du lotier. Et pour ce faire, on va faire intervenir un grand médecin français qui s’appelle Henri Leclerc et qui a grandement contribué à la pratique moderne de la phytothérapie en France. C’est plus ou moins lui qui a amené le lotier dans la pharmacopée française apparemment. Je vous raconte l’histoire.

Une de ses patientes, qui est fermière, a des problèmes de conjonctivite et elle est très nerveuse, ce qui lui donne des palpitations et des troubles du sommeil. Pour sa conjonctivite, il lui dit de se préparer une infusion de mélilot pour en faire un collyre.

Sauf que la patiente se trompe complètement et utilise du lotier au lieu du mélilot. Et au lieu de l’utiliser en collyre, elle boit la tisane de lotier. Résultat : ses yeux ne s’arrangent pas vraiment. Mais là où c’est surprenant, c’est que sa nervosité s’améliore. En moins d’une semaine, elle dort bien, ses palpitations se calment. Et Leclerc décide de creuser. Il teste le lotier sur d’autres patients avec les mêmes symptômes nerveux. Et bingo : ce n’était pas un coup de chance, c’était vraiment le lotier qui faisait l’effet. Une belle découverte, mais complètement par hasard.

Ce qui nous amène aux propriétés et indications :

  • Antispasmodique, qui relaxe les muscles. On parle ici probablement des muscles lisses (c’est compliqué de trouver des informations précises sur le lotier vu que ce n’est pas une plante très utilisée et très documentée). Ces muscles lisses se trouvent au niveau digestif, utérin, urinaire, donc cette action va relaxer les crampes et les spasmes à ces endroits-là. Mais ce n’est pas vraiment une indication traditionnelle pour la plante. Ce qui va nous intéresser par contre, d’un point de vue action sur les hyperexcitabilité nerveuses, c’est le fait que nous avons aussi des muscles lisses dans les artères, et que cette action fera, je pense, légèrement baisser la tension artérielle. Et lorsqu’on relâche un peu la tension artérielle, on relâche aussi l’état de tension global de la personne.
  • Sédatif, qui calme le système nerveux.
  • Hypnotique léger, qui provoque le sommeil.
  • Un effet antidépresseur démontré sur animaux (Gürağaç, 2020)

Donc globalement, le profil du lotier : calmant, relaxant, apaisant, fait légèrement baisser la tension artérielle lorsque celle-ci a une composante neurotonique, c’est-à-dire des montées de la tension d’origine nerveuse. Et relâche la personne tendue comme un arc.

On peut faire de bonnes combinaisons sous forme de tisanes ou de teintures/alcoolature. Avec le mélilot ou l’aspérule odorante pour créer un effet d’apaisement le soir avant d’aller au lit. Avec l’aubépine et l’agripaume pour calmer une hyperexcitabilité cardiaque, avec l’accord de votre médecin bien sûr.

Avec le millepertuis pour des situations de dépression légère à modérée, ou dépressions saisonnières. Avec le houblon pour des nuits difficiles, si pas de contre-indications. Je ne vais pas vous mentionner les contre-indications des plantes des associations, je vous laisse aller consulter les différentes fiches sur mon site ou ailleurs, sinon on va y passer des heures. Mais c’est important de le faire.

Une petite note au sujet du lotier pour les troubles du sommeil : il a cette réputation d’aider la personne lorsqu’il y a des réveils nocturnes. C’est sa petite spécialité. Peut-être que la personne n’a pas de mal à s’endormir, mais va se réveiller pendant la nuit et aura du mal à se rendormir.

 


Formes et dosages

En ce qui concerne les formes et les dosages.

  • Pour la tisane, Fournier conseille une cuillère à soupe des fleurs sèches pour une tasse d’eau bouillante, 3 à 4 tasses par jour.
  • Leclerc recommande de 2 à 3 g d’extrait fluide par jour, en prise de 50 gouttes. Alors, il parle ici d’extrait fluide selon la définition du codex pharmaceutique, c’est-à-dire 1 g d’extrait fluide correspond à 1 g de plante sèche. Ce qui est une forme qui est, en moyenne, 5 fois plus concentré qu’une teinture. Donc ça commence à faire de fortes doses de teinture.
    • Donc je vais me démarquer du grand Leclerc ici, et vous conseiller une 30’aine de gouttes de teinture ou alcoolature 2 à 3 fois par jour comme point de départ. Cela dit, ponctuellement, si pas de contre-indications, je pense qu’on peut prendre des doses plus élevées si nécessaire. En revanche, il nous faut aussi parler des précautions.


Lotier corniculé : précautions

Pourquoi est-ce que je vous ai parlé d’associations possibles avec d’autres plantes ? Est-ce que la plante n’est pas utilisable seule, bien dosée, et sur de longues périodes ? Basé sur les données que nous avons à notre disposition, peut-être pas.

Elle contient ce qu’on appelle des glycosides cyanogénétiques. Ces glycosides seront décomposés pour donner de l’acide cyanhydrique, qui est fortement toxique. Alors, on ne va pas s’affoler pour autant. Ce sont de faibles quantités. Mais on va devoir prendre cela en compte.

On va en trouver dans certains phénotypes de lotier, certaines variations, si vous voulez, qui sont quasi impossibles à distinguer des autres. Pour dire les choses d’une manière plus simple, certains lotiers en contiendront plus que d’autres, et vous ne pourrez pas dire lesquels. Cela va aussi varier selon la saison (Foulds & Grime, 1972).

J’ai trouvé une étude qui dit que les espèces cultivées semblent en contenir beaucoup plus que les espèces sauvages. Cela dit, les espèces sauvages en contiennent (Blaim, 2015). Toutes les références sont à la fin de cet article, si vous voulez aller plus loin.

Cet acide cyanhydrique est libéré après une blessure des tissus, par exemple lors de la coupe de la plante fraîche ou d’une macération dans de l’eau tiède ou chaude (avec une température supérieure à 40°C) (Conn, 1979).

Le séchage réduit la libération d’une manière significative. Cela dit, pas complètement, et une infusion de plante sèche, ou une teinture de plante sèche, peut encore en contenir des traces (jusqu’à 5 mg/kg de matière sèche, Vetter, 2000).

Les fleurs sont moins concentrées en glycosides cyanogénétiques que les autres parties de la plante (0,1–0,5 mg/g de matière sèche). Cela dit, elles en contiennent une petite quantité, surtout en période de floraison active (Foulds & Grime, 1972).

De petites quantités d’acide cyanhydrique seront détoxifiées par le foie. Cela dit, des quantités plus importantes peuvent surcharger la capacité du foie et créer une intoxication cyanidrique.

En Belgique, sa commercialisation en tant que plante médicinale est réglementée en raison de ce risque (Arrêté royal de 1997).

Voilà, j’ai terminé avec les données brutes. Du coup, voici ce que je vais en déduire, afin de garder un certain principe de précaution :

  • Plutôt utiliser les fleurs que toute la partie aérienne.
  • Plutôt faire sécher d’abord, pour transformer ensuite en teinture ou en tisane.
  • Réserver le lotier à un usage occasionnel si on le prend seul, ou l’utiliser en plus petites quantités dans un mélange à tisane ou teintures si on veut l’utiliser sur le plus long terme. Et encore, on fera des pauses régulières. C’est pour cela que je vous ai parlé d’associations possibles, pour vous donner des idées.
    • Je pense qu’on peut faire des prises ponctuelles plus élevées que les doses suggérées il y a quelques minutes, et dans la mesure du raisonnable, si la plante fournit un soulagement que d’autres plantes ne fournissent pas. Et si on n’a pas les contre-indications suivantes. On en revient toujours au ratio bénéfices/risques.
  • Éviter en cas de grossesse, allaitement ou pathologies hépatiques car c’est le foie qui va prendre la charge.
  • Ce n’est pas une plante que je donnerais à des enfants, on a des plantes bien plus douces pour calmer un système nerveux en état d’hyperexcitation.
  • Et si cela vous préoccupe, vous pouvez bien évidemment privilégier des plantes totalement inoffensives comme la camomille matricaire, la mélisse, le tilleul et bien d’autres.

Voilà pour mes conclusions. Mon but ici n’est pas de vous faire peur, mais de vous donner l’information. On ne peut pas balayer tout ceci sous le tapis. D’autres plantes contiennent des glycosides cyanogénétiques comme la passiflore. Pour Passiflora incarnata, les feuilles en contiennent (et c’est la partie que l’on utilise en herboristerie), mais les études ne donnent pas de concentrations, donc je ne peux pas comparer avec les teneurs du lotier.

En ce qui me concerne, c’est une plante que j’ai testée sur moi, que j’ai conseillée à certaines personnes avec qui je travaille, et je n’ai pas l’intention de l’évincer de ma boîte à outils. Mais j’ai l’intention de suivre les précautions que je vous ai énumérées.

Et c’est tout pour le lotier. Merci d’être là, merci de nous soutenir, ça nous permet de continuer à faire ce travail de fond et de vous en faire profiter. Et on se retrouve très vite pour un nouvel épisode !


Références

Gürağaç Dereli FT, Khan H, Sobarzo-Sánchez E, Akkol EK. Antidepressant Potential of Lotus corniculatus L. subsp. corniculatus: An Ethnobotany Based Approach. Molecules. 2020 Mar 12;25(6):1299. doi: 10.3390/molecules25061299. PMID: 32178424; PMCID: PMC7144109.

EFSA (2019). Scientific Opinion on the risks for human health related to the presence of cyanogenic glycosides in foods. EFSA Journal, 17(12), e05922.

Vetter, J. (2000). Toxicity of cyanogenic glycosides in food. Journal of Food Composition and Analysis, 13(2), 173-180.
Foulds, I., & Grime, G. P. (1972). The distribution of cyanogenic glycosides in Lotus corniculatus. Journal of Ecology, 60(3), 751-761.

Conn, E. E. (1979). Cyanogenic compounds in plants and their pharmacological effects. Phytochemistry, 18(5), 759-764.

SPF Santé publique (Belgique). (2026). Liste des plantes réglementées en médecine non conventionnelle. Arrêté royal du 29 août 1997 (modifié en 2021).

Blaim, H., & Nowacki, E. (2015). Cyanogenesis in Lotus and Trifolium species. 19-26. https://doi.org/10.5586/aa.1979.003

Aujourd’hui, nous parlons de l’impératoire, une plante des montagnes. C’est une de ces plantes oubliées qui mériterait qu’on s’y intéresse à nouveau, et je vais vous expliquer pourquoi.

Déjà, son nom est plutôt intriguant. Impératoire, ça fait… grande plante médicinale, imposante. Impératrice. On l’appelait aussi benjoin français ou benjoin de pays, probablement car on peut en faire des fumigations très aromatiques avec un parfum qui rappelle un peu les conifères. On l’appelait aussi ostrute, autruche, agró, et le nom le plus mystérieux… Fournier nous dit qu’on l’appellait « maître des maléfices »…

En tout cas, elle semble pousser en abondance dans certains coins que je commence à bien connaître. J’ai eu la chance de la goûter, de la ramasser. Je ne connais pas le statut de la ressource en France, est-elle menacée ou non ? Je vous laisse me laisser un commentaire si vous avez la réponse.

Et je suis bien conscient du fait que peut-être elle n’est pas menacée aujourd’hui, mais si on s’y intéresse, elle risque de le devenir. Donc toujours garder en tête l’impact que l’on a sur les écosystèmes.

Cela dit, aujourd’hui on parle de ses propriétés et de ce que la tradition des montagnes nous dit. Et pour ce faire, je vais utiliser l’excellent livre de Sabine Bruschweiler « Plantes et Savoir des Alpes », que je vous conseille vivement d’acheter, livre sur l’ethnobotanique des plantes des montagnes, plus précisément du val d’Anniviers.

Je vais aussi compléter avec les études que j’ai pu trouver sur la plante.

Avant de démarrer, je vous rappelle que je ne suis ni médecin, ni pharmacien, ni professionnel de la santé. Je suis là pour partager ma passion avec vous. Mais ceci ne remplace aucunement un suivi médical, et n’a pas vocation à être un diagnostic ou une prescription médicale. En particulier vu que l’on va parler de conditions parfois aigües qui demandent l’avis d’un médecin.

Main tenant une tige d'Imprératoire avec ses feuilles


Un peu de botanique

Bien, on commence par un peu de botanique.

L’impératoire (Peucedanum ostruthium) est une plante vivace de la famille des Apiacées. Donc cousine de l’angélique, avec qui elle va partager de nombreuses propriétés. C’est une plante d’altitude qui croît de 1 000 à 2 800 m dans les montagnes. Fournier nous dit qu’elle pousse dans les Vosges, les Alpes, le Plateau central, les Cévennes, les Corbières et les Pyrénées.

On va la trouver dans les prairies, les rocailles, au bord des ruisseaux. Un peu dans les mêmes zones que les chérophylles, les adénostyles, etc.

Sa souche est assez épaisse, ramifiée, avec des nœuds. Elle libère un suc laiteux jaunâtre lorsqu’on la casse. Et la souche donne naissance à plusieurs tiges cylindriques, creuses et striées dans leur longueur. Elle n’est pas bien haute, elle mesure de 70 cm à 1 m. Elle est très discrète comparée à l’angélique sylvestre qui peut atteindre des tailles assez impressionnantes. Là, on a une plante assez basse, avec quelques feuilles qui partent du sol.

Chaque feuille est divisée en 3 à 9 folioles fortement dentées. Fournier nous dit que la feuille ressemble un peu à celle du persil, en largement plus gros bien sûr, et on parlerait du persil plat ici.

La floraison se fait autour des mois de juillet-août. Inflorescence en ombelle car c’est une Apiacée. Les fleurs sont de couleur blanche. Sous chaque ombellule, on peut voir 3 petites bractéoles qui pointent dans la même direction. Le fruit est de couleur jaune à brunâtre, presque circulaire comme une lentille, de largeur 5 mm et entouré d’une petite bordure.

On peut utiliser la racine, les feuilles et les fruits. La racine est la partie la plus puissante, avec un goût fort qui rappelle l’angélique mais avec encore plus de force. On reste tout de même dans des parfums de carotte sauvage, de persil, de céleri.

Impératoire en fleur

Récolte

La racine se récolte à l’automne. On peut cultiver la plante si on a le bon climat et la bonne altitude. Un peu comme pour l’angélique, ses graines doivent être semées rapidement après récolte, sinon elle germera difficilement, voire pas du tout. En automne, il fallait se rendre dans les prés humides et sur les bords des chemins proches d’un torrent pour faire sa réserve de racines pour l’hiver. Les Anniviards faisaient autrefois leurs réserves près des torrents.

La plante est photosensibilisante car elle appartient à la famille des apiacées, et contient donc des furanocoumarines. Ceci a été confirmé par plusieurs études qui ont identifié ces furanocoumarines dans les racines spécifiquement (Vogl & al., 2011, Zwirchmayr & al., 2022). Je n’ai pas trouvé d’études sur les parties aériennes. Cela dit, je ne sais pas si elle est très photosensibilisante comparée à d’autres. En tout cas, si vous faites une ramasse et que vous êtes exposé au suc (des racines en particulier), il est probablement préférable de porter des gants, ou de ne pas exposer au soleil les parties qui ont été en contact avec le suc de la plante.


Impératoire : usages culinaires en tant qu’épice

C’est une plante que l’on peut utiliser en cuisine. Mon ami Guillaume Besson, spécialiste de la cuisine des plantes sauvages, m’a fait goûter des délices à base d’impératoire. On va pouvoir épicer pas mal de choses avec. Mais je ne vais pas révéler ses secrets sans son autorisation, et puis vous pouvez venir découvrir tout ça lors de nos ateliers en montagne.

La saveur est particulière. C’est fort, avec une belle amertume, et donc pas facile à intégrer dans la cuisine. Je sais que Guillaume utilise principalement les racines sèches qu’il pulvérise pour rajouter avec parcimonie dans certaines préparations pour les relever. J’ai un dessert en tête en particulier, je n’en dirai pas plus.

L’impératoire va donner un aspect tonique au plat, et dans certains ateliers, nous avons eu des participants qui nous ont dit que l’aspect stimulant d’un petit dessert du soir avait un peu perturbé leur nuit.

Il est aussi possible d’utiliser les feuilles. Les fruits aussi (que l’on appelle vulgairement les graines), sachant que les fruits seront largement moins puissants que les racines ou les feuilles.

Bon, j’arrête là pour la partie culinaire, ce n’est pas mon expertise. Ce que je sais très bien faire, par contre, c’est consommer le résultat. Et accessoirement racler le fond du plat avec mes doigts.


Avant de vous parler des propriétés, je vous rappelle qu’AltheaProvence vous propose de nombreuses formations en ligne sur l’herboristerie pratique et appliquée aux problématiques d’aujourd’hui. Nous avons formé plus de 3500 apprenants depuis 2015. C’est de l’enseignement exclusif, basé sur l’expérience et la pratique, avec des programmes courts et des cursus longs. C’est en grande partie grâce à l’école que l’on peut vous produire régulièrement du contenu de grande qualité comme aujourd’hui, et toujours accessible gratuitement.


Propriétés traditionnelles

Historique

Allez, on passe à la partie médicinale. Dans notre passé, on en a fait une sorte de panacée à la façon du ginseng asiatique. D’ailleurs, son nom Meisterwurz, signifie « racine maîtresse, racine des racines ». Et puis le nom Impératoire, c’est la « racine impériale » nous dit Fournier. C’est le potentiel le plus intéressant que je vais retenir, son potentiel comme grande plante tonique, on va en reparler dans quelques minutes.

Nous n’avons que très peu de références traditionnelles concernant l’impératoire. Et aujourd’hui, très peu de gens s’intéressent à elle. On a encore quelques poches de savoir dans les montagnes comme on va le voir, mais le savoir est en voie de disparition. Et c’est bien dommage.

feuille d'impératoire


Impératoire : propriétés et utilisations populaires

Tonique

La première utilisation dont nous allons parler, c’est en tant que « tonique ». Et ce simple mot capture un rôle très important des plantes dans le passé. Tonique veut dire qui redonne des forces physiques et de l’élan vital à l’organisme. On parlait aussi de fortifiant, de reconstituant, de remontant. Ces plantes étaient utilisées dans les cas de grande fatigue. Et ces grandes fatigues, on les trouvait surtout lors des convalescences. Donc très souvent, dans les anciens ouvrages, les toniques sont répertoriées dans la section « convalescence ». Aujourd’hui, on les placerait plutôt dans une section fatigue et épuisement à part entière.

Elles ne sont pas excitantes comme la caféine, elles mettent beaucoup plus longtemps à agir, et semblent fonctionner d’une manière beaucoup plus large et encore mal définie aujourd’hui. Dans la 2ᵉ partie de mon épisode sur les plantes adaptogènes, dans la section « Par quelles plantes locales pourrait-on les remplacer », je vous avais proposé les racines de quelques apiacées de chez nous, spécifiquement l’angélique, la grande berce et l’impératoire comme alternatives à certaines plantes qui ne sont pas de chez nous.

Pour l’impératoire, on en sait guère plus sur son aspect « tonique ». Juste un mot dans une liste de propriétés. Mais je pense que c’est l’un des domaines qui demande exploration et expérimentation. Car nous sommes dans l’ère du grand épuisement, du moins basé sur mes observations.

On utilise donc la racine ici. On fait une décoction. Et je peux vous dire qu’on n’en met pas beaucoup. J’ai fait l’erreur de vouloir la doser comme l’angélique, et c’était beaucoup trop fort. Donc je dirais de commencer par une petite cuillère à café des racines coupées en rondelles par tasse. On l’utiliserait pendant plusieurs semaines dans ces périodes de grande fatigue.

Infections hivernales

La 2ᵉ grande utilisation de ces plantes des montagnes, c’est pour les infections hivernales. Dans ces lieux, les conditions sont rudes, les infections fréquentes. On est parfois dépourvu face à des infections qui résistent aux interventions classiques. Et bien évidemment, une fois que l’on arrive à se sortir des infections majeures, on se retrouve en période de convalescence, complètement épuisé, ce qui nous ramène à l’aspect tonique de l’impératoire.

Mais là, on est dans l’infectieux. On l’utilisait pour le catarrhe chronique, qui était une inflammation persistante des muqueuses respiratoires avec production excessive de mucus. Pour utiliser des termes plus simples, une toux persistante, souvent grasse. On se lève le matin, on a les bronches encombrées, faut tousser et cracher. À l’époque, c’est beaucoup plus une situation post-infection aiguë qu’une situation allergique. Donc une infection mal résolue qui se chronicise.

On voit comment l’aspect aromatique de l’impératoire aide à ramener la circulation autour des bronches, avec un effet fort probablement mucolytique et expectorant. Qui fluidifie, qui fait sortir. Et avec sa richesse aromatique, on a probablement une partie qui est anti-infectieuse directe. Donc on ferait des décoctions de racines pour se débarrasser d’une vieille toux. On l’utilisait aussi pour « l’asthme humide », donc un asthme avec beaucoup de production de mucus, pour faire sortir ce mucus. Là encore une condition chronique.

Mais même en aigu, pendant le pic de l’infection, on l’utilisait. On voit dans la liste des indications les fièvres typhoïdes. Les fièvres intermittentes, un terme utilisé principalement pour le paludisme, à l’époque où notre pays avait encore beaucoup de zones marécageuses et que la malaria était endémique. Par contre, ici, on parle d’une plante des montagnes, et je n’ai pas connaissance de zones montagneuses dans lesquelles on avait ce problème. Donc je ne sais pas exactement de quelles maladies on parle ici, qui aurait une fièvre cyclique qui reviendrait tous les X jours. Ou alors, elle était cueillie dans les montagnes et transportée et utilisée dans les zones marécageuses. Je ne sais pas.

Dernier point, elle était classée comme sudorifique, qui fait transpirer lors des fièvres. Et ici je vous renvoie à un épisode que j’avais fait sur le sujet, le fait que cette propriété diaphorétique était considérée comme essentielle dans le passé pour accompagner une infection avec fièvre. Ce qui peut paraitre surprenant à une époque où on essaie de faire baisser la fièvre à tout prix. Il fut un temps où le médecin voulait, au contraire, observer une bonne montée en fièvre, voulait voir le malade « briser » la fièvre, et commencer à transpirer abondamment. Pour y arriver, on utilisait souvent les plantes dites diaphorétiques ou sudorifiques, voir mon épisode sur le sujet.

Voici des témoignages tirés du livre, laissez-moi vous les lire. J’ai fait de petites coupes pour racourcir un peu, mais je reste globalement fidèle au texte. D’abord, un témoignage au sujet d’un enfant que le médecin considérait comme perdu.

  • « J’ai eu un fils qui avait été voir un concours de ski et il n’avait pas mis de bonnet. Il avait sept ans. Il est arrivé ce soir-là, il était bien mal. Pendant la nuit, j’ai vu qu’il était très malade et le lendemain j’ai appelé la doctoresse. Il nous connaissait plus, il parlait dans le vide. La doctoresse m’a appelée hors de la chambre et m’a dit : « Votre fils est perdu. Il a la méningite, l’otite et la sinusite. Pour une chose, il faudrait de la glace, pour une autre chose, il faudrait de la chaleur. » Trois jours avant, la route avait été barrée par un éboulement, alors on pouvait pas l’amener à l’hôpital. Toute la nuit j’ai installé […] une plaque en fer et des charbons […] et je râpais un peu de la racine dessus. Alors ça faisait une bonne odeur et une grosse fumée. En plus j’avais un entonnoir et j’avais en plus fait un rouleau avec un journal pour bien diriger la fumée. […] Le lendemain, la doctoresse est venue et elle m’a dit : « Mais il est sauvé ! » Sa figure était brune tant que je l’avais fumigé. Alors j’ai dit la vérité. Elle m’a dit que c’était vraiment un miracle.

Voici un autre témoignage au sujet d’une pneumonie.

  • « Mon mari avait eu une pneumonie. Il a été chez le médecin à Sierre et, à la radiographie, le poumon était noir. En rentrant, il a fait une cure de tisane de feuilles d’impératoire, à raison de deux tasses par jour. Lorsqu’il est retourné chez le médecin après trois semaines, celui-ci fut tout étonné de voir un poumon tout à fait blanc à la radiographie et a absolument voulu savoir ce qui avait provoqué une guérison aussi rapide. »

Les études nous apportent des informations en plus. L’ostruthine, qui est l’une des coumarines de la plante, est fortement antimycobactérienne (Palmioli et al., 2019). Les coumarines inhibent les pompes d’efflux de certaines mycobactéries, sachant que ces pompes sont un mécanisme de résistance aux antibiotiques (Lammel et al., 2020). Ce qui nous ferait dire que la plante a peut-être, effectivement, du potentiel pour combattre les maladies comme la tuberculose (Bhanwala et al., 2025).

Troubles digestifs

On utilisait l’impératoire pour les troubles digestifs. On la positionnait comme stomachique et carminative. Elle stimulait le manque d’appétit qu’on voyait souvent, là encore, dans les convalescences. Elle était considérée comme tonique digestive pour une relance lors des périodes de faiblesse. Elle calmait les crampes et les ballonnements.

Voilà, une utilisation simple et très répandue dans les campagnes, à une époque où on pouvait avoir une infection entérique, ou peut-être tomber malade à cause de nourriture avariée. La section « digestion » des ouvrages traditionnels est souvent remplie de plantes, et on y trouve de nombreuses plantes amères et aromatiques comme l’impératoire.

Utilisations externes, fumigations

On l’utilisait en externe, soit en fumigation (on a déjà entendu le témoignage au sujet de l’enfant), soit en bains. En tout cas on retrouve la fumigation dans de nombreux cas, et ça ce n’est pas très courant en général, mais pour l’impératoire, on y avait recours assez souvent. D’où son nom de benjoin français.

Je vous donne quelques témoignages ici.

  • Pour les furoncles et abcès, la plante était connue pour son pouvoir de « tirer très fort », elle faisait mûrir les abcès.
    • « Ma fille aînée, à quinze ans, a eu un gros furoncle juste à l’épine dorsale dans le dos. Il était immense, rouge et vilain. Je voulais la faire aller chez le docteur. Elle ne voulait pas, elle avait trop peur qu’il coupe. Je l’ai mise entre deux tabourets et je l’ai bien fumigée. Quand j’ai fait deux ou trois fois, ça a percé. Ça tombait goutte à goutte sur l’entonnoir, du pus, du sang et de l’eau. On a fait deux ou trois jours ça et c’était fini. ».
  • Suite à une fracture, on faisait des bains de feuilles d’impératoire.
  • Pour les plaies ouvertes, on faisait une fumigation de la racine sur la plaie. Pour les contusions, on faisait des cataplasmes de feuilles. Témoignages :
    • « […] On avait un gamin ici et la dame est venue voir si on avait de ces feuilles. On a été chercher. Il avait une blessure et après ça ramassait du pus. On a mis cette feuille d’agró dessus et la plaie a séché tout de suite. En peu de temps c’est parti. »
    • « La voisine mettait les feuilles au congélateur et les donnait à un monsieur qui avait la jambe ouverte. C’était la seule chose qui lui valait. Il faisait des compresses avec. »

Les études nous disent que les feuilles présentent une activité antiinfectieuse à large spectre contre les bactéries et champignons (Danna et al., 2025, Garzoli et al., 2022). On peut aussi observer une capacité remarquable de cicatrisation, avec une très bonne absorption et pénétration transdermique des constituants (Chen et al., 2025). Donc ici on pensera à des macérats huileux peut-être (la méthode « par intermédiaire alcoolique » me semble préférable ici), on penserait aux teintures diluées dans de l’eau et appliquées in situ lorsqu’on ne peut pas mettre de gras.

D’ailleurs, une étude nous dit que les feuilles peuvent être employées à la place des racines avec une efficacité similaire ou même supérieure à celle des racines, spécifiquement pour la partie réparation des plaies et anti-inflammatoire (Danna et al., 2022). Toutes les références sont en fin d’article.

Conditions urinaires et gynécologiques

La plante était utilisée pour les conditions urinaires et gynécologiques. En cas d’infection urinaire, on utilisait la fumée de racines râpées sur des braises chaudes.

  • « Lorsque l’on a des faiblesses de vessie, il faut s’asseoir deux à trois fois sur le seau avec une couverture et rester jusqu’à ce que la fumée s’arrête. La fumée désinfecte et on n’a plus rien. »

Bien sûr, ces pratiques ne se font plus aujourd’hui. N’allez pas faire n’importe quoi et vous bruler.

Médecine vétérinaire

On voit une utilisation assez répandue en médecine vétérinaire. Témoignages :

  • « Un bélier s’était cassé la patte, il était perdu, il ne pouvait plus se coucher, il ne mangeait plus. […] Avec une marmite, on a mis des charbons rouges dedans et on coupait des racines dessus. On est allé, avec mon père, deux ou trois fois ça a coulé et il était guéri. »
  • « L’impératoire, on la servait aussi pour le bétail quand ils avaient des panaris. Alors on mettait des cataplasmes dessus. Parce que le panaris, ça ramassait du pus. Il y avait cela et il y avait le serpolet que l’on mettait aussi. On mettait autour du sabot et on mettait un sac et on l’attachait et on laissait deux, trois jours comme ça. ».

Désinfection de l’air

Et enfin, on l’utilisait pour désinfecter l’air d’une pièce, un peu comme on ferait brûler des feuilles de sauge, du genévrier, ou de l’encens.

  • « On mettait le feu aux racines et on passait dans la maison pour enlever les mauvaises odeurs. Ça sentait bon ; vous savez quand on était je ne sais combien dans une chambre… »

impératoire avec les Alpes en arrière plan


Impératoire : formes et dosages

En ce qui concerne les feuilles et les dosages, voici ce que nous dit notre cher Paul-Victor Fournier :

  • Infusion ou décoction : 15 à 30 g de racine par litre d’eau, 2 tasses par jour. Une feuille fraîche pour 1 litre d’eau en infusion contre les maux de ventre.
    • Pour les racines, je peux vous dire d’ores et déjà que vu la force et le goût prononcé, c’est trop dosé. Commencez par une petite cuillère à café des racines coupées en rondelles par tasse et ajustez en fonction de votre tolérance.
  • Poudre : 1 à 2 g comme excitant, 3 à 6 g comme fébrifuge. La poudre en externe pour déterger les ulcères.
  • Teinture : 30 g de racine pulvérisée pour 500 g d’alcool ; ajouter 8 g d’anis ; laisser macérer 8 jours ; à prendre par petites cuillerées dans une infusion de camomille ou de sauge.
  • • Masticatoire : racine mâchée contre les maux de dents et la paralysie de la langue, nous dit Fournier (je ne suis pas sûr de quelle condition il s’agit pour la paralysie).
  • Cataplasmes :
    • Poudre mêlée à de l’axonge (c’est-à-dire du saindoux, très utilisé à l’époque de Fournier)
    • Feuilles fraîches écrasées au rouleau à pâtisserie ou avec une bouteille.
    • Feuilles sèches ramollies dans l’eau chaude, ou plus fréquemment dans du lait.
    • On peut y ajouter du sel, du serpolet, ou enduire les feuilles de résine de mélèze. L’utilisation d’eau-de-vie pour ramollir les feuilles accentue le pouvoir désinfectant.
  • Bains : quelques poignées de feuilles sèches ou fraîches cuites dans une marmite d’eau pour des bains de pieds, de jambes ou de corps complet.
  • Fumigations : racines sèches brûlées ou racines râpées sur des braises ou sur le fourneau pour diriger la fumée (à l’aide d’un entonnoir ou d’un journal roulé) sur les zones infectées ou pour désinfecter les pièces.

Impératoire : précautions

En ce qui concerne les précautions, nous n’avons que très peu de données, comme vous pouvez vous l’imaginer, vu que la plante n’est connue que dans les montagnes et elle n’a jamais fait partie, à ma connaissance, de la pharmacopée officielle.

Cela dit, Fournier nous dit qu’à doses excessives, il y aurait danger d’hémorragie en cas de prise en interne.

En externe, l’impératoire doit être employée avec prudence car elle « tire très fort » sur les plaies, comme nous le disent les témoignages des montagnards. Cela tire parfois un peu trop, au point de laisser une plaie ouverte.

Voilà ce que je voulais partager au sujet de l’impératoire. Tout ce savoir, toutes ces pratiques se sont perdues. Je vous rappelle que certaines de ces conditions nécessitent une intervention médicale aujourd’hui. Par contre, à une époque où le médecin n’était pas forcément disponible ou qu’on ne pouvait pas atteindre l’hôpital pour une raison ou une autre, les plantes locales sauvaient des enfants, des femmes, des hommes. Ne l’oublions pas car cela fait partie de notre mémoire collective.

Merci d’être là en tout cas. Je vous retrouve très vite pour un prochain épisode.


Références

Vogl, S., Zehl, M., Picker, P., Urban, E., Wawrosch, C., Reznicek, G., Saukel, J., & Kopp, B. (2011). Identification and quantification of coumarins in Peucedanum ostruthium (L.) Koch by HPLC-DAD and HPLC-DAD-MS.. Journal of agricultural and food chemistry, 59 9, 4371-7 . https://doi.org/10.1021/jf104772x

Zwirchmayr, J., Cruz, D. C., Grienke, U., Tammela, P., & Rollinger, J. (2022). Short Lecture “Deciphering the Anti-Infective Properties of Peucedanum ostruthium: Biochemometry Identifies Ostruthin as Pluripotent Anti-Infective Agent”. GA – 70th Annual Meeting 2022. https://doi.org/10.1055/s-0042-1758924

Palmioli, A., Bertuzzi, S., De Luigi, A., Colombo, L., La Ferla, B., Salmona, M., De Noni, I., & Airoldi, C. (2019). bioNMR-based identification of natural anti-Aβ compounds in Peucedanum ostruthium.. Bioorganic chemistry, 83, 76-86 . https://doi.org/10.1016/j.bioorg.2018.10.016

Lammel, C., Zwirchmayr, J., Seigner, J., Rollinger, J., & De Martin, R. (2020). Peucedanum ostruthium Inhibits E-Selectin and VCAM-1 Expression in Endothelial Cells through Interference with NF-κB Signaling. Biomolecules, 10. https://doi.org/10.3390/biom10091215

Bhanwala, N., Katiyar, R., Kumar, S., Datusalia, A. K., & Khatik, G. L. (2025). Network pharmacology and in silico investigation into the therapeutic potential of phytoconstituents of Peucedanum ostruthium as anti-tubercular agents. Health Sciences Review. https://doi.org/10.1016/j.hsr.2025.100219

Danna, C., Mainetti, A., Belaid, S., La Camera, E., Trombetta, D., Cornara, L., & Smeriglio, A. (2025). Unveiling the Pharmacognostic Potential of Peucedanum ostruthium (L.) W.D.J. Koch: A Comparative Study of Rhizome and Leaf Essential Oils. Plants, 14. https://doi.org/10.3390/plants14132047

Garzoli, S., Iriti, M., & Vitalini, S. (2022). Chemical composition, antiradical and phytotoxic activity of the essential oil from Peucedanum ostruthium W.D.J.Koch leaves. Journal of Phytomolecules and Pharmacology. https://doi.org/10.56717/jpp.2022.v01i02.011

Chen, C.-Y., Wang, G.-H., Kuo, J.-T., Lin, Y.-T., Huang, H.-J., Chang, Y.-C., & Chung, Y.-C. (2025). Ultrasound-assisted extraction of Peucedanum ostruthium leaves: a feasible alternative to rhizomes for industrial applications. Frontiers in Pharmacology, 16. https://doi.org/10.3389/fphar.2025.1636312

Danna, C., Bazzicalupo, M., Ingegneri, M., Smeriglio, A., Trombetta, D., Burlando, B., & Cornara, L. (2022). Anti-Inflammatory and Wound Healing Properties of Leaf and Rhizome Extracts from the Medicinal Plant Peucedanum ostruthium (L.) W. D. J. Koch. Molecules, 27. https://doi.org/10.3390/molecules27134271

Bonjour, bienvenue dans ce 9ᵉ épisode de ma série « Brèves des herbes », une série dans laquelle je passe en revue des études scientifiques

Je vous propose aujourd’hui d’aborder la problématique des diverticules. Vous avez peut-être déjà entendu parler de ces poches qui se forment dans les parois de l’intestin. Elles peuvent s’enflammer, s’infecter et provoquer ce que l’on appelle une diverticulite. Dans cet épisode, j’aimerais vous expliquer comment nous pouvons aider une personne confrontée à ce type de problèmes.

Je vais principalement parler de deux cas que j’ai rencontrés dans ma pratique. Le premier est celui d’une personne qui, à ce stade, ne présente aucun symptôme, mais à qui on a diagnostiqué des diverticules au travers d’une coloscopie peut-être, et elle souhaite s’assurer que la situation n’évolue pas vers un état plus problématique.

La seconde situation concerne une personne qui a déjà subi une crise inflammatoire et demande de l’aide pour éviter que cela ne se reproduise.

Avant de démarrer, je vous rappelle que l’école Altheaprovence vous propose toute une gamme de formations en ligne sur l’herboristerie appliquée, pour justement vous aider à comprendre comment vous pouvez accompagner vos proches ou vos clients pour différents types de problématiques de santé, toujours en complément d’un suivi médical.

Je vous rappelle aussi que je ne suis ni médecin, ni pharmacien, ni professionnel de la santé. Les informations partagées dans cet épisode sont à visée éducative uniquement et n’ont pas vocation à remplacer un suivi médical.


Qu’est-ce que la diverticulose ?

On va commencer par définir quelques termes. Nous utilisons le terme diverticulose pour désigner la présence de diverticules dans le tube digestif. Un diverticule, c’est une poche qui se forme dans la paroi du gros intestin, plus précisément dans le côlon sigmoïde.

Imaginez la situation. Le tube digestif fonctionne comme un conduit dans lequel les aliments sont décomposés et absorbés. Les résidus transitent ensuite vers le rectum pour être évacués. Ce transit est censé être fluide, sans obstacle dans le tube.

Dans la diverticulose, après de nombreuses années, la paroi intestinale a été trop étirée, et des poches (de tissus distendus) se sont formées. Ces poches vont commencer à poser problème lorsque de la masse fécale reste coincée dedans, entraînant une stagnation, une inflammation et parfois le développement de foyers infectieux. On appelle la crise inflammatoire aiguë et douloureuse diverticulite. Parfois, cela peut devenir assez grave, avec une perforation.

D’ailleurs, coïncidence, au moment où je préparais cet épisode, une personne de mon entourage a fait une crise assez grave, et le gastro-entérologue lui a dit que si une autre crise comme celle-ci survenait, il faudrait peut-être retirer une section de son intestin. Je ne dis pas ça pour vous faire peur, dans l’ensemble, ces crises graves sont assez rares, et dans la plupart des cas, l’épisode aigu se limite à une inflammation sévère, qui se résout d’elle-même ou nécessite un traitement antibiotique si infection.

La majeure partie de notre travail consiste à aider les personnes entre les crises, pour éviter qu’elles ne se reproduisent. Il s’agit donc surtout de prévention, pour être clair.

Donc à ce stade, on comprend les termes principaux.

  • La diverticulose désigne la présence de diverticules, qu’ils soient symptomatiques ou non. Et chez beaucoup de personnes, ils ne le sont pas, donc peut-être que vous en avez et vous ne le savez pas. Ou bien vous l’apprenez lors d’une coloscopie de routine.
  • La diverticulite, c’est la crise aiguë, où les diverticules sont enflammés et parfois infectés, et c’est souvent de cette façon que l’on découvre que l’on a une diverticulose.

diverticules

 


Causes de la diverticulose

On va maintenant parler des causes de la diverticulose. Comment se forment ces poches ?

Il y a quelques années, je vous aurais dit, c’est une tendance à la constipation chronique qui va étirer d’une manière excessive la muqueuse du colon.

Les dernières données que nous avons à notre disposition donnent une image beaucoup plus nuancée. Les références sont en fin d’article si vous voulez aller plus loin dans cette recherche.

La diverticulose serait (surprise) multifactorielle, et résulterait d’une interaction entre une fragilité structurelle de la paroi intestinale et de plusieurs autres paramètres dont nous allons parler (Wedel 2015). Donc, à la base, une faiblesse du tissu conjonctif et des structures riches en collagène.

Il peut y avoir des problèmes de motricité qui génèrent des pressions élevées dans les intestins (Huizinga 2020). Et c’est ici que, dans le passé, on rangeait la constipation. Eh oui, car c’est l’une des causes de pressions élevées dans les intestins. Aujourd’hui, on voit que ça serait plutôt une réponse exagérée des muscles lisses digestifs, avec des contractions de forte amplitude dans les segments de l’intestin où l’on retrouve des diverticules. Ça c’est intéressant. Donc probablement une anomalie neuromusculaire qui fait que les contractions sont mal régulées et trop puissantes chez certaines personnes.

On trouve aussi une susceptibilité génétique (Humphrey 2024), qui est probablement due (et là je spécule un peu) à cette fameuse faiblesse à fabriquer du tissu conjonctif de qualité, faiblesse héritée donc.

On rajoute des facteurs environnementaux qui provoquent des inflammations intestinales. Le tabagisme, la consommation d’alcool ainsi que l’obésité (Kupčinskas 2020) sont considérés comme facteurs de risque.

Je pense qu’on peut garder la constipation chronique dans la catégorie des problèmes qui génèrent des pressions élevées dans les intestins. Ca me parait logique, mais les études de corrélation n’arrivent même plus à tracer ce lien (Wlodarczyk 2022).


Causes de la diverticulite

Voici comment la diverticulose évolue vers une diverticulite. L’augmentation de la pression dans le tube digestif va pousser ce qu’on appelle un fécalome (c’est-à-dire une accumulation de matière fécale plus ou moins compactée) dans un diverticule (Barbaro 2022). Ceci va créer de l’inflammation, parfois une prolifération bactérienne qui va mener à l’infection.

On pense qu’il y a contribution de la flore intestinale (Schieffer 2018), avec un état de déséquilibre, de dysbiose qui aggraverait l’inflammation et contribuerait au développement de l’infection.

Et s’il y a constipation, les études nous disent que cela va augmenter le risque de développer une diverticulite (Tursi 2024). Donc, sans trop hésiter, s’il y a terrain à la constipation et qu’il y a diverticulose, on s’en occupe pour éviter que cela n’augmente le risque de diverticulite. Cette constipation n’a peut-être pas contribué, comme on le pensait, au développement des diverticules. Mais une fois les diverticules en place, elle va exacerber la situation.


L’importance des fibres alimentaires

Ce qui nous amène au dossier des fibres alimentaires. Car on entend un peu tout et son contraire, depuis « on m’a dit de ne pas trop manger de fibres » jusqu’à « des fibres rajoutées à chaque repas ». Et puis, on vous a probablement dit : surtout ne pas manger de graines, de fruits à coque, de popcorn, etc.

Donc, les fibres alimentaires. Que penser. Globalement, pour la santé générale, l’argument n’est plus à faire, les fibres des fruits et légumes sont bénéfiques, on ne va pas revenir là-dessus.

Spécifiquement pour la diverticulose, il y a débat. Et je vous dirais qu’il faut faire au cas par cas. On va faire en fonction de l’état de la digestion et du transit, certaines personnes bénéficient de fibres rajoutées pour éviter la constipation. D’autres trouvent que ça les irrite.

Il faut donc individualiser les choses. Chaque personne réagit différemment. Si vous sentez qu’un aliment vous irrite, il vaut mieux l’éviter. Et pour faire ce travail, rien de tel que ce qu’on appelle le journal des repas. Pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, vous notez ce que vous mangez et l’impact des repas sur la digestion et le transit. Ça parait contraignant, mais avec le temps, vous allez identifier des aliments qui sont irritants chez vous, ou qui ont un impact négatif sur votre transit.

Si vous avez fait une crise de diverticulite dans le passé, faire ce travail de détective devient d’autant plus important.

Les graines et les fruits à coque sont souvent déconseillés dans les recommandations générales. Pourtant, dans les études, on voit que leur consommation n’est pas corrélée aux crises. Je vous mettrai sur mon site une étude de 2008 qui ne montre aucune corrélation entre consommation de maïs, de popcorn (oui, c’est une étude américaine), de fruits à coque et la diverticulite. Je précise que c’est une étude de population faite sur plus de 50 000 personnes, basée sur des questionnaires et pas une observation directe de ce que mangent les gens, donc susceptible à certains types de biais.

Les légumes crus peuvent irriter les intestins sensibles. D’autres personnes vont non seulement bien les tolérer, mais aussi en bénéficier pour une bonne santé digestive. Si les légumes crus sont trop agressifs, on va opter pour des légumes cuits à cuisson douce.

Les plantes mucilagineuses comme la guimauve ou les graines de lin (moulues, je précise) ou le psyllium blond peuvent améliorer le transit. Les porridges à base de flocons d’avoine sont souvent bien tolérés et appréciés. D’un autre côté, ne pas abuser des fibres et en rajouter à tous les repas. J’ai vu des personnes qui avaient déjà une alimentation riche en fruits et légumes, qui n’avaient pas de problèmes de transit, et qui rajoutaient du son de blé dans leur bol de flocons d’avoine du matin. Trop utiliser ces fibres, qui agissent comme laxatif de lest et donc augmentent le volume des selles, n’est pas forcément bon non plus dans ce contexte de pressions parfois trop élevées dans le tube digestif.

Donc il faut un équilibre, et surtout il faut tester. Et il faut utiliser le journal des repas. Garder ce qui semble apaiser la digestion et stabiliser le transit, mettre de côté ce qui semble perturber, enflammer, créer une tendance à la constipation, etc.

Tout ceci pour prévenir une crise de diverticulite. En cas de crise déclarée par contre, suivez les conseils de votre médecin : un régime sans résidus, pauvre en fibres et principalement liquide, sera en général recommandé. Mais cela ne concerne que les phases aiguës.

fibres alimentaires


Stratégie à base de plantes

Bien, on va maintenant aborder les plantes, en distinguant les deux cas que j’ai rencontrés dans ma pratique.

Premier cas : diverticulose asymptomatique

Le premier cas est une diverticulose asymptomatique, c’est-à-dire sans symptômes. C’est quelqu’un qui a eu une coloscopie pour une raison ou une autre, on a observé des diverticules, et on a dit à la personne « c’est à surveiller ». Et donc elle vous demande s’il n’y aurait pas des petites choses à faire pour éviter que la situation ne s’aggrave.

Voici les catégories de plantes que je vous propose :

  • Catégorie 1 : les plantes mucilagineuses : guimauve, mauve, plantain, tilleul, réglisse*. Ces plantes apaisent la muqueuse intestinale, calment l’inflammation et les mucilages nourrissent le microbiote.
  • Catégorie 2 : les plantes anti-inflammatoires digestives : camomille allemande, plantain, réglisse, souci, curcuma, et bien d’autres.

Précautions avec la réglisse , toujours surveiller sa tension , et si hypertension , on va éviter la prise de réglisse régulière ou bien utiliser de la réglisse déglycyrrhizinée 

  • Catégorie 3 : les plantes renforçant la paroi intestinale :
    • Ici nous avons les plantes riches en silice qui fournissent les cofacteurs pour la production des tissus et du collagène (prêle, ortie, bambou).
    • Les plantes stimulant la production de collagène d’une manière directe (et il est vrai que la centella asiatica, ou gotu-kola, est intéressante ici).
    • Dans cette vision du tissu étiré et qui a perdu son intégrité, nous avons aussi les plantes toniques des tissus, améliorant la microcirculation (en général riches en flavonoïdes et procyanidines) : extrait de pépins de raisin, feuilles de vigne rouge, feuilles de noisetier. Attention : certaines sont riches en tanins, à éviter en cas de constipation.

Voici un exemple de programme :

  • Mélange à tisane :
    • Fleurs de camomille allemande (1/3).
    • Fleurs ou feuilles de mauve (1/3).
    • Feuilles d’ortie (1/3).
    • 1 cuillère à soupe du mélange par tasse, avec une pincée de poudre de racine de réglisse pour adoucir. Une à deux tasses par jour régulièrement pendant la semaine.
  • Compléments :
    • Gélules de centella asiatica et de prêle en cure régulière.
    • En cas de constipation : psyllium moulu dans un verre d’eau, ou magnésium, ou les deux selon la situation.

planes adoucissantes, mauve tilleul réglisse camomille plantain

Second cas : passé de diverticulite

Le second cas, un peu plus avancé, c’est la personne qui a déjà eu une crise de diverticulite. Elle a été traitée par antibiotiques, et la crise est passée, mais elle demande des conseils pour éviter une récidive.

Notre base reste les catégories mentionnées pour le premier cas, mais nous ajoutons :

  • Catégorie 4 : les plantes immunostimulantes si on suspecte une immunité faible : échinacée, églantier, reishi, propolis. astragale de Chine.
  • Catégorie 5 : les plantes antibactériennes : thym, origan, sarriette des montagnes, calendula, etc. Lorsque j’ai démarré ma pratique en Amérique du Nord, on utilisait aussi l’andrographis paniculata de médecine ayurvédique, plante que j’ai cultivée au jardin plusieurs années, un remarquable antiinfectieux.
  • Et nous allons aussi insister sur la deuxième catégorie, les plantes anti-inflammatoires.

Donc ici, je reformule ma tisane :

  • Fleurs de camomille allemande pour calmer l’inflammation, 1/3
  • Feuilles de plantain pour calmer l’inflammation, 1/3
  • Feuilles de thym comme antibactérien, 1/3
  • 1 cuillère à soupe du mélange par tasse, et ici on ferait 2 à 3 tasses par jour.

Et en plus, peut-être des gélules de propolis et une teinture d’échinacée. Par exemple. Car il y a plusieurs manières de décliner la stratégie.

diverticulose et diverticulite

Ce programme, il faudrait l’appliquer pendant les périodes à risques. Parce qu’on ne peut pas prendre ces plantes tout le temps, vous vous en doutez.

Donc la question, c’est quand débuter ce programme exactement. Et le moment clé, c’est lorsque la situation commence à se détériorer mais qu’on est encore loin d’une crise aiguë. La personne doit donc rester à l’écoute de son terrain digestif, c’est super important. Voir si le transit est en train de changer, s’il y a soudain plus de ballonnements après les repas, de l’inconfort, des crampes peut-être.

Et là, démarrer sans attendre.

Bien sûr, si la personne développe de la fièvre, des douleurs intenses ou tout autre signe de crise aiguë, elle doit consulter son médecin immédiatement.

Voilà pour les diverticules. On peut vraiment stabiliser la situation avec l’alimentation et les plantes, le tout c’est de s’approprier les conseils, les tester sur soi et surtout, être à l’écoute. Je sais que ce n’est pas facile d’être à l’écoute de soi. Mais dans toute problématique chronique qui implique régulièrement des crises inflammatoires, c’est absolument critique. Car il y a toujours une période, un petit endroit dans lequel on peut s’insérer pour agir et prévenir la dégradation de la situation.

Merci de votre écoute. Je vous retrouve très bientôt pour un prochain épisode.


Références

Wedel, T., Barrenschee, M., Lange, C., Cossais, F., & Böttner, M. (2015). Morphologic Basis for Developing Diverticular Disease, Diverticulitis, and Diverticular Bleeding. Viszeralmedizin, 31, 76 – 82. https://doi.org/10.1159/000381431.

Schieffer, K., Kline, B., Yochum, G., & Koltun, W. (2018). Pathophysiology of diverticular disease. Expert Review of Gastroenterology & Hepatology, 12, 683 – 692. https://doi.org/10.1080/17474124.2018.1481746.

Huizinga, J., & Chen, J. (2020). The Pressure’s on: Finding the Cause of Diverticula Formation. Digestive Diseases and Sciences, 1-3. https://doi.org/10.1007/s10620-020-06373-5.

Barbaro, M., Cremon, C., Fuschi, D., Marasco, G., Palombo, M., Stanghellini, V., & Barbara, G. (2022). Pathophysiology of Diverticular Disease: From Diverticula Formation to Symptom Generation. International Journal of Molecular Sciences, 23. https://doi.org/10.3390/ijms23126698.

Tursi, A., Piovani, D., Brandimarte, G., Di Mario, F., Elisei, W., Picchio, M., Figlioli, G., Bassotti, G., Allegretta, L., Annunziata, M., Bafutto, M., Bianco, M., Colucci, R., Conigliaro, R., Dumitrascu, D., Escalante, R., Ferrini, L., Forti, G., Franceschi, M., Graziani, M., Lammert, F., Latella, G., Lisi, D., Maconi, G., Compare, D., Nardone, G., De Castro Oliveira, L., Enio, C., Papagrigoriadis, S., Pietrzak, A., Pontone, S., Stundienė, I., Poškus, T., Pranzo, G., Reichert, M., Rodino, S., Reguła, J., Scaccianoce, G., Scaldaferri, F., Vassallo, R., Zampaletta, C., Zullo, A., Spaziani, E., Bonovas, S., Papa, A., & Danese, S. (2024). Bowel movement alterations predict the severity of diverticular disease and the risk of acute diverticulitis: a prospective, international study. Intestinal Research, 23, 96 – 106. https://doi.org/10.5217/ir.2024.00046.

Strate LL, Liu YL, Syngal S, Aldoori WH, Giovannucci EL. Nut, corn, and popcorn consumption and the incidence of diverticular disease. JAMA. 2008 Aug 27;300(8):907-14. doi: 10.1001/jama.300.8.907. PMID: 18728264; PMCID: PMC2643269.

Wlodarczyk, J., Yoon, D., Owens, J., Ershadi, S., Lee, S., Cologne, K., & Koller, S. (2022). Prevalence of and Risk Factors for Incidental Colonic Diverticulosis.. The Journal of surgical research, 280, 348-354 . https://doi.org/10.1016/j.jss.2022.07.021.

Kupčinskas, J., Strate, L., Bassotti, G., Torti, G., Herszènyi, L., Malfertheiner, P., Cassieri, C., Walker, M., & Tursi, A. (2020). Pathogenesis of Diverticulosis and Diverticular Disease.. Journal of gastrointestinal and liver diseases : JGLD, 28 suppl.1, 7-10 . https://doi.org/10.15403/jgld-551.

Humphrey, H., Sibley, P., Walker, E., Keller, D., Pata, F., Vimalachandran, D., Daniels, I., & McDermott, F. (2024). Genetic, epigenetic and environmental factors in diverticular disease: systematic review. BJS Open, 8. https://doi.org/10.1093/bjsopen/zrae032.

Strate LL, et al. Nut, corn and popcorn consumption and the incidence of diverticular disease. JAMA. 2008; 300(8): 907-914.

Wong, J. M., de Souza, R., Kendall, C. W., Emam, A., & Jenkins, D. J. (2006). Colonic health: fermentation and short chain fatty acids. Journal of Clinical Gastroenterology, 40(3), 235-243. DOI:10.1097/00004836-200603000-00015

Hamer, H. M., Jonkers, D., Venema, K., Vanhoutvin, S., Troost, F. J., & Brummer, R. J. (2008). Review article: the role of butyrate on colonic function. Alimentary Pharmacology & Therapeutics, 27(2), 104-119. DOI:10.1111/j.1365-2036.2007.03562.x

Vous avez peut-être entendu dire que, basé sur des études scientifiques relativement récentes, l’ashwagandha n’est pas une plante sûre car elle pourrait endommager votre foie.

Dans cet épisode, j’aimerais faire la lumière sur la situation. Parce que ce qui émerge des études, c’est en réalité assez complexe. Et il serait facile de prendre cette grosse salade d’informations, de la simplifier à l’extrême et de créer des titres sensationnalistes.

Donc, dans cet épisode, j’aimerais qu’on parle des points suivants :

  • D’abord, de nos propres biais, nous les amoureux des plantes. Je trouve que c’est un bon point de départ.
  • Nous parlerons de la série de cas indienne qui est au cœur du débat.
  • Je vous expliquerai les mécanismes suspectés de toxicité hépatique.
  • Nous verrons que les racines d’ashwagandha ont peut-être été adultérées avec des feuilles, ce qui complique encore les choses.
  • Et enfin, je conclurai et vous donnerai des recommandations pratiques détaillées, qui nous viennent d’un auteur et praticien très respecté, qui s’appelle Simon Mills.

L’épisode est indexé, donc si vous voulez aller directement aux recommandations pratiques à la fin, vous pouvez. Bien que… c’est un format long car je préfère ne pas prendre de raccourci et vous expliquer pleinement ce qui est en jeu ici. L’épisode tourne autour de l’ashwagandha, mais plusieurs points sont génériques à l’ensemble du secteur des plantes médicinales.

Avant de démarrer, je vous rappelle que je ne suis ni médecin, ni pharmacien, ni professionnel de la santé. Je suis là pour partager ma passion avec vous. Mais ceci ne remplace aucunement un suivi médical, et n’a pas vocation à être un diagnostic ou une prescription médicale.

Ashwaganda; feuilles, fruits, racines


Nos biais en matière de plantes

Tout d’abord, vous devez savoir que je suis biaisé. Et vous aussi. Nous le sommes tous. Nous avons tous nos biais. Le mien, c’est que j’ai confiance dans la phytothérapie et l’herboristerie.

Cela dit, je dois être capable d’accepter que :

  1. Certaines plantes traditionnelles, à la lumière de nouvelles preuves, ne sont pas aussi sûres que nous le pensions. C’est le cas des plantes contenant une certaine quantité d’alcaloïdes pyrrolizidiniques, par exemple, en particulier les insaturés, que l’on trouve dans les feuilles de bourrache, de vipérine, de consoude, ou d’autres plantes que nous avons prises par voie interne dans le passé.
  2. Certaines plantes traditionnelles peuvent être sûres la plupart du temps, mais à la lumière de nouvelles preuves, il pourrait y avoir quelques cas particuliers dans lesquels nous devons être prudents. C’est là que l’on va positionner l’ashwagandha à la lumière des dernières preuves.

Il faut aussi être capables de voir quand les preuves scientifiques ne sont pas assez fiables, parce que le produit a pu être adultéré avec des parties de la plante qui n’ont pas leur place dans le produit. L’ashwagandha entrera aussi dans cette catégorie.


Le tableau général sur l’ashwagandha

Cela étant dit, commençons par le tableau général. L’ashwagandha est l’une des plantes les plus utilisées dans la pratique moderne de la phytothérapie dans les différents pays du monde. Elle provient de la médecine ayurvédique et elle a des milliers d’années d’utilisation derrière elle.

L’ashwagandha est maintenant utilisée dans la plupart des pays occidentaux. C’est une plante adaptogène (je vous renvoie vers ma série sur les plantes adaptogènes, je vous mettrai le lien dans l’article). Nous la cultivons localement en France depuis quelques années.

Et voici un point important : historiquement, elle a une solide réputation de sécurité.

Mais au cours de ces 10 dernières années, nous avons commencé à voir des rapports de lésions hépatiques chez l’humain, entraînant une surveillance accrue de la part des chercheurs et une pression croissante des autorités réglementaires dans certains pays.

Et donc, nous devons aller au fond de ces problèmes afin de voir ce qu’il en retourne.


Qu’est-ce qui a déclenché les préoccupations actuelles ?

Toutes les données à l’origine de ce questionnement proviennent d’études de cas.

On ne parle pas d’études interventionnelles ici, en double aveugle contre placebo. On parle de cas spécifiques, c’est-à-dire de personnes spécifiques. Comme disent les Américains, on est dans du N = 1, c’est-à-dire que dans une étude de cas, l’échantillon c’est une seule personne. Je ne dis pas ceci pour discréditer l’étude, mais juste pour la replacer dans la pyramide des différents types d’études que je vous avais présentés dans d’autres épisodes (là encore je vous remets le lien dans l’article).

Depuis environ 2017, une série de cas a commencé à émerger. D’abord, au Japon, puis aux États-Unis et en Islande en 2020, suggérant tous un lien possible entre l’ashwagandha et des lésions hépatiques (Björnsson 2020 ; Inagaki 2017). Les références sont sur mon site.

Le développement le plus significatif est survenu en 2023, avec ce que nous appelons une « série de cas » en provenance d’Inde (Philips 2023). Ce qui signifie que les chercheurs ont inclus plusieurs rapports, plusieurs cas, dans la même étude.


La série de cas indienne : que s’est-il réellement passé ?

Les chercheurs ont examiné les dossiers médicaux de trois hôpitaux en Inde, sur une période de quatre ans. Ils ont d’abord identifié 23 cas suspects.

Ensuite, ils ont éliminé ce que nous appelons les « facteurs confondants » : consommation d’alcool, autres médicaments ou plantes, et les causes alternatives de maladie hépatique.

Et ils ont retenu 8 cas où l’ashwagandha était le facteur probable. Les âges allaient de 31 à 75 ans. Certaines personnes avaient du diabète ou de l’hypertension. Plusieurs avaient une maladie hépatique préexistante. Les dosages d’ashwagandha varient de ce qu’on pourrait appeler dosage normal à des doses relativement élevées variant de 10 à 20 g de plante par jour.

Parmi ces 8 cas :

  • 5 patients ont eu une hépatite aiguë et se sont rétablis en 1 à 3 mois.
  • 3 patients ont développé une insuffisance hépatique qu’on appelle « aiguë sur chronique » (c’est-à-dire une poussée aiguë sur une maladie hépatique chronique existante) et sont décédés.

8 cas sévères dont 3 décès, ce n’est pas rien. Rapporté aux millions d’utilisateurs, c’est relativement rare, mais suffisant pour justifier de la prudence.

On va noter un point critique ici : tous les problèmes sont survenus chez des patients atteints de maladie hépatique préexistante. Il semble que l’ashwagandha ait aggravé la situation.

Les symptômes étaient la jaunisse, des démangeaisons, de la fatigue, et malheureusement la mort pour les 3 cas.

Au niveau tissulaire et organique, on a noté une inflammation de la veine porte, une infiltration du système immunitaire dans les cellules du foie, et une nécrose hépatocellulaire (donc une nécrose des cellules du foie) dans environ la moitié des cas.


Lésion hépatique idiosyncrasique

Et ici, pour prendre du recul, il est bon de se rappeler que lorsque nous ingérons une substance, il existe deux principaux types de toxicité hépatique.

Le premier est une toxicité directe. Elle est rapide, dose dépendante, et assez prévisible. Si vous testez cette substance sur de pauvres animaux, par exemple, vous verrez qu’ils tombent rapidement malades de manière prévisible. Si vous leur donnez plus, ils tomberont plus gravement malades et finiront par mourir. Ce n’est pas ce qui s’est passé ici avec l’ashwagandha.

Le second type, nous l’appelons « réactions idiosyncrasiques ». Ces réactions sont assez imprévisibles, ne dépendent pas de la dose ; elles mettent un certain temps à apparaître, et elles dépendent de la susceptibilité individuelle. Les cas de toxicité hépatique d’ashwagandha relèvent clairement de cette seconde catégorie.

C’est ici que nous allons entrer dans des détails plus techniques. Les réactions idiosyncrasiques impliquent généralement les deux phases de détoxification hépatique.

Dans la première étape, la substance à éliminer est traitée par les enzymes du cytochrome P450. Désolé pour le terme technique, mais ce sont des enzymes des cellules du foie qui effectuent la première passe de détoxification. Elles sont toutes codées avec des lettres et des chiffres, et elles ont toutes une affinité pour différentes substances en fonction de leur configuration chimique.

Donc si la molécule ressemble à ceci, le foie utilisera l’enzyme A. Si la molécule ressemble à cela, il utilisera l’enzyme B pour métaboliser la substance, etc. Sauf qu’au lieu d’être appelées A ou B ou C, elles s’appellent CYP3A4, CYP1A2, CYP2C8, etc. Il y en a toute une série, parce que les substances à éliminer se présentent sous toutes sortes de configurations chimiques. Jusque-là vous me suivez ?

Nous appelons ce processus « détoxification de phase I ». Cette phase va créer des métabolites intermédiaires. Certains sont inoffensifs ; d’autres non. La « phase II » du processus de détoxification hépatique est censée prendre ces métabolites intermédiaires et les métaboliser rapidement pour s’en débarrasser définitivement. Une fois sorti de la phase II, le métabolite est généralement assez inoffensif et prêt à être évacué dans la bile ou l’urine.

Mais voilà où ça devient problématique. Chez certains individus, ce passage de la phase I à la phase II ne se fait pas assez rapidement et efficacement. Donc les métabolites bloqués entre les deux phases peuvent causer des dommages. Ils restent trop longtemps au milieu.

En plus de cela, si vous rajoutez une réactivité particulièrement élevée à ces substances chez un individu (probablement à cause de polymorphismes génétiques en lien avec les capacités de détox), alors Houston, nous avons un problème.

Cela peut entraîner une accumulation d’intermédiaires toxiques. Conduisant à une inflammation, des lésions tissulaires, et éventuellement la mort des tissus.

Racines et poudre d'ashawaganda avec un verre d'eau et une cuillère


Quels composés sont impliqués ?

Alors, quels constituants de l’ashwagandha pourraient être impliqués ici ? Le principal suspect s’appelle la withanone, qui est l’un des withanolides, identifiés comme « constituants actifs ». Pourquoi ce constituant est-il suspect ? Eh bien car des études in vitro suggèrent que la withanone possède des groupes réactifs susceptibles de former ce que nous appelons des « adduits à l’ADN ».

Imaginez votre ADN comme un long manuel d’instructions pour vos cellules, fait de minuscules blocs de construction. Un adduit à l’ADN se produit lorsqu’une molécule étrangère se fixe directement sur l’un de ces blocs. Ceci peut perturber le fonctionnement normal de la cellule et augmenter le risque de maladies comme le cancer.

Encore une fois, si la phase II ne se produit pas assez rapidement, la withanone ne sera pas éliminée assez vite, ce qui augmente le risque de toxicité.


Les feuilles au lieu des racines

OK, donc maintenant qu’on a compris le risque, ajoutons une complication supplémentaire. Le problème ne vient peut-être pas de la racine, qui est la partie de la plante traditionnellement utilisée. Il pourrait venir des feuilles. C’est quoi l’histoire ?

Eh bien les feuilles sont moins chères à récolter que les racines. Et puis les feuilles sont plus riches en constituants que nous utilisons pour standardiser les extraits de racines. Dit autrement, les feuilles font meilleur effet sur l’étiquette du produit, elles donnent l’impression que le produit est plus concentré.

Y a-t-il donc un risque d’adultération des poudres et extraits secs de racines d’ashwagandha avec des feuilles ? Bien sûr que oui. À moins que vous n’achetiez auprès d’une source réputée. Vous pouvez aussi acheter les racines entières (ou coupées en morceaux), car il est facile de faire la différence entre les racines et les feuilles. Avec une poudre fine, on peut tricher très facilement.

Et ce n’est pas juste théorique. Il y a des cas documentés où les produits sont étiquetés « racine » mais contiennent en réalité des quantités significatives de feuilles. Cela change complètement le profil chimique. Les feuilles contiennent des niveaux beaucoup plus élevés de withanolides, parfois dramatiquement plus élevés. La withanone incluse (Kaul 2016). Souvenez-vous, la withanone est le constituant qui pourrait être impliqué dans les cas de toxicité hépatique.

A noter pour les cas indiens : l’analyse détaillée n’a trouvé aucun contaminant majeur, pas de métaux lourds, pas de polluants, pas de médicaments mélangés à la plante. Donc le problème ne peut venir que des constituants de la plante chez certains individus sensibles, possiblement aggravé par l’ajout de feuilles dans des produits censés contenir des racines.


Un paradoxe : l’ashwagandha pourrait-elle protéger le foie ?

Et puis, tant qu’on y est, on va rajouter le fait que les études sur les animaux suggèrent un effet anti-inflammatoire sur le foie et un effet protecteur sur les cellules hépatiques (Alghamdi 2024).

Alors oui, ce sont des études animales, et nous devons être prudents quant à leur application aux humains. Néanmoins, cela souligne un effet protecteur et pas destructeur. Comme quoi, c’est vraiment compliqué cette histoire. Les réactions dépendent du contexte précis, de la personne et de sa sensibilité aux substances actives, de sa capacité de détoxification hépatique et de ses conditions hépatiques préexistantes.


Conclusion

OK, on respire un grand coup, et on conclut :

Point n°1 : le profil de sécurité global de l’ashwagandha reste solide. Nous avons des milliers d’années d’utilisation extensive en Inde, et des décennies d’utilisation dans les pays occidentaux ; c’est l’une des plantes adaptogènes les plus utilisées et appréciées.

Point n°2 : nous ne pouvons pas écarter une hépatotoxicité. Elle semble rare, mais elle est possible. Les cas indiens semblent le confirmer.

Point n°3 : et ça, vraiment, ça vient mettre la pagaille dans une conclusion qui pourrait être un peu plus claire et nette. Mais il est possible que l’hépatotoxicité ait été grandement amplifiée par l’inclusion de feuilles dans le produit. Est-ce qu’on verrait les mêmes cas avec la racine seule ? Je ne sais pas si nous avons les données pour conclure.


Implications pratiques pour les praticiens

Quelles sont les implications pour l’utilisation de la plante dans nos pratiques ?

Ici, je vais partager les recommandations fournies par un grand auteur et praticien. Il s’appelle Simon Mills. Voici un lien vers l’article qu’il a écrit sur ce sujet spécifique.

Premier point : contrôler la source. Utiliser uniquement des racines. Éviter les extraits très riches en withanolides qui apparaitraient comme « plus puissants » et qui pourraient contenir des feuilles. Travailler avec des fournisseurs de confiance offrant une bonne traçabilité, ou encore mieux, travailler directement avec le cultivateur s’il effectue aussi la transformation en poudre ou en teinture. Et vous pouvez aussi moudre et tamiser les racines vous-même à l’aide d’un moulin à café. À la maison.

Deuxième point : si vous prenez de l’ashwagandha pour vous ou si vous la recommandez à une autre personne, assurez-vous que la personne n’a pas de problèmes hépatiques. Cirrhose, maladie hépatique chronique, marqueurs hépatiques élevés (signe d’inflammation du foie – transaminases, gammaGT), ou cancer du foie.

Troisième point : assurez-vous qu’il n’y ait pas de consommation régulière de médicaments qui enflamment ou abiment le foie, comme le paracétamol.

Si vous intégrez ces 3 points dans votre réflexion, et que vous estimez que l’ashwagandha est vraiment un bon choix pour la situation, il devrait y avoir une faible probabilité que l’ashwagandha pose problème.


Implications plus larges

Avant de vous laisser, j’aimerais souligner le fait que cette question va bien au-delà de l’ashwagandha. Elle met en lumière un défi plus large, qui est l’écart entre l’usage traditionnel des plantes et les produits modernes.

Nous avons maintenant des extraits concentrés, qui sont des poudres dans lesquelles la plante n’est plus reconnaissable. Il peut y avoir d’autres substances indésirables dedans. C’est à prévoir avec les chaînes d’approvisionnement mondialisées et une industrie obsédée par la rentabilité.

L’ashwagandha reste une plante extrêmement précieuse. Toujours largement considérée comme sûre. Personnellement, je continuerai à la recommander à mes clients dans ma pratique lorsque je jugerai cela approprié, mais je serai aussi un peu plus prudent et suivrai de près les recommandations fournies par Simon Mills.

C’est tout pour cet épisode. Merci d’être là. Je vous dis à très vite.

 


Références

Björnsson HK, Björnsson ES, Avula B, Khan IA, Jonasson JG, Ghabril M, Hayashi PH, Navarro V. Ashwagandha-induced liver injury: A case series from Iceland and the US Drug-Induced Liver Injury Network. Liver Int. 2020 Apr;40(4):825-829. doi: 10.1111/liv.14393. Epub 2020 Feb 11. PMID: 31991029; PMCID: PMC8041491.

Inagaki K, Mori N, Honda Y, Takaki S, Tsuji K, Chayama K. A case of drug-induced liver injury with prolonged severe intrahepatic cholestasis induced by Ashwagandha. Kanzo. 2017;58:448–454.

Philips CA, Valsan A, Theruvath AH, Ravindran R, Oommen TT, Rajesh S, Bishnu S, Augustine P; Liver Research Club India. Ashwagandha-induced liver injury-A case series from India and literature review. Hepatol Commun. 2023 Sep 27;7(10):e0270. doi: 10.1097/HC9.0000000000000270. PMID: 37756041; PMCID: PMC10531359.

Alghamdi AAA, Abdallah EAA, El-Refaei MF. Anti-inflammatory and anti-angiogenic effects of Withania somnifera extract on liver toxicity induced by silver nanoparticles in vivo. J Med Life. 2024 Jul;17(7):728-738. doi: 10.25122/jml-2024-0050. PMID: 39440339; PMCID: PMC11493168.

Kaul, S., Ishida, Y., Tamura, K., Wada, T., Iitsuka, T., Garg, S., Kim, M., Gao, R., Nakai, S., Okamoto, Y., Terao, K., & Wadhwa, R. (2016). Novel Methods to Generate Active Ingredients-Enriched Ashwagandha Leaves and Extracts. PLoS ONE, 11. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0166945.

Bonjour,

Aujourd’hui je voudrais vous parler des lamiers, car ce sont des plantes que l’on trouve un peu partout dans nos campagnes et on n’en parle pas vraiment beaucoup en tant que médicinales. On a l’impression qu’elles ne servent pas à grand-chose. Et je ne pense pas que ce soit exact. Certains lamiers me semblent décidément bien actifs.

Le plus classique de notre pharmacopée, c’est le lamier blanc, et c’est celui dont j’aimerais vous parler aujourd’hui. Et lui, j’arrive à le positionner à peu près bien. Ça va être un peu caricatural mais ça va nous aider à voir quand l’utiliser dans notre pratique.

Je vais vous parler de deux grandes sphères d’indications. La première concerne tout ce qui est écoulements de la sphère utérine. La deuxième concerne les états de sécrétions abondantes des muqueuses respiratoires supérieures. Et ne vous inquiétez pas, on va décortiquer tout ceci dans cet épisode.

Avant de démarrer, je vous rappelle que je ne suis ni médecin, ni pharmacien, ni professionnel de la santé. Je suis là pour partager ma passion avec vous. Mais ceci ne remplace aucunement un suivi médical, et n’a pas vocation à être un diagnostic ou une prescription médicale.

Lamier blanc en fleur


Lamier blanc, un peu de botanique

Allez, on débute, comme à notre habitude, avec un peu de botanique.

Si je vous dis tiges carrées, feuilles opposées décussées, fleurs bilabiées, fruits tétrakènes. Eh oui, on parle bien de la famille des lamiacées ici.

Le genre, c’est « Lamium », donc ce qu’on appelle les lamiers. On a pas mal de lamiers dans nos campagnes, l’amplexicaule, le lamier jaune, le lamier tacheté, le lamier pourpre, etc. Celui dont on parle aujourd’hui, c’est le lamier blanc (Lamium album).

La répartition mondiale est très vaste. Il s’étend à travers l’Europe et l’Asie, et il a été introduit et naturalisé au Royaume-Uni et en Amérique du Nord. On va le trouver dans les forêts, les zones boisées, les prairies, les talus, les berges de rivières, les bords de chemins, les sentiers, etc.

Très présent en France, sauf chez moi dans le sud-est et globalement on le trouve très peu dans la moitié sud du pays, et dans une bande à l’ouest. Je vous mettrai la carte de répartition sur mon site.

Il pousse souvent sur des sols assez riches à proximité des habitations humaines et tolère aussi bien l’ombre que le plein soleil. Facile à cultiver au jardin. Cela dit, je n’en ai jamais cultivé.

La plante se multiplie par stolons – qui sont des tiges aériennes rampantes qui s’enracinent aux nœuds pour former de nouveaux plants – et par graines (qu’on appelle « akènes »). Les graines germent après une période de dormance, souvent déclenchée par le froid et l’humidité.

Ses feuilles, opposées et pétiolées, ont un limbe en forme de cœur à bord denté en dents de scie, qui rappellent les feuilles d’ortie, mais sans les poils urticants. La plante est poilue mais elle ne pique pas. D’ailleurs, le nom vernaculaire de la plante en anglais, c’est « deadnettle », l’ortie morte. On retrouve ce nom dans les vieux écrits anglais à partir des années 1500, peut-être même avant. « Morte » probablement dans le sens « faux » ou « inoffensif », qui ne pique pas.

Les fleurs sont bilabiées (en forme de gueule ouverte), regroupées en verticilles de 6 à 12 fleurs, localisés à l’aisselle des feuilles. Elles donnent naissance à un fruit composé de 4 akènes (d’où le terme tétrakène caractéristique des Lamiacées).

Lamier blanc détails


Parties utilisées

Les parties utilisées sont les sommités fleuries. Certains auteurs comme Rudolf Weiss ne mentionnent que les fleurs. Je trouve que toutes les parties aériennes fleuries sont utiles, en enlevant les tiges carrées les plus grosses qui ne sont pas très intéressantes. Il m’est arrivé de n’utiliser que les feuilles et il me semble que l’effet est tout à fait satisfaisant aussi.

Fournier mentionne le fait que les racines et les tiges semblent agir sur les saignements, ce qui nous dirait que les tiges sont au minimum riches en tanins, mais largement moins riches en constituants divers et variés que le reste de la plante.

Certains auteurs mentionnent le fait que la plante est plus active lorsqu’on cueille en début de floraison. Ce qui est assez classique pour pas mal de plantes.


Constituants

En termes de constituants principaux, nous allons trouver :

  • De nombreux flavonoïdes comme la quercétine, l’isoquercétine et la rutine.
  • Des acides phénols tels que l’acide caféique, chlorogénique, férulique, gallique, p-coumarique, vanillique, etc.
  • Des iridoïdes et séco-iridoïdes présents en grande quantité (sous forme d’hétérosides) et considérés comme des constituants majeurs de la plante.
  • Une huile essentielle qui donne au lamier son odeur caractéristique.
  • Des mucilages, pas beaucoup. Ce n’est pas une plante qui va laisser une forte sensation émolliente au toucher ou en bouche.
  • Des tanins, pas énormément, mais on sent un côté astringent tout de même. Rudolf Weiss mentionne jusqu’à 5% du poids sec en tannins, ce qui me surprend un peu par rapport à l’effet en bouche.

Le profil en constituants nous donne déjà un avant-goût de propriétés fortement antioxydantes et anti-inflammatoires.

L’odeur et le goût sont assez complexes à décrire. C’est fort, âcre et le parfum assez fétide et pas très plaisant, je dois dire. Cette intensité disparaît au séchage, ce qui suggère que la fraction aromatique va vite se dissiper avec le temps.

Les herboristes américains lui donnent une énergétique réchauffante (dans le sens tonique, circulatoire) et asséchante. Asséchante, je suis assez d’accord. L’aspect réchauffant est un peu moins clair à définir en ressenti, mais ça va très bien rentrer dans les indications chroniques.


Lamier blanc : propriétés et vertus

Allez, on parle des propriétés et indications. Vu que c’est une plante très commune, on va trouver pas mal d’indications pour des utilisations familiales classiques. Contre les diarrhées, les ballonnements, les rétentions d’eau, les problèmes de peau, les infections hivernales, etc.

Je vais laisser toutes ces utilisations de côté, car le lamier blanc me semble largement plus intéressante pour deux types d’indications, et je vais me concentrer là-dessus. Ça va nous aider à la positionner un peu plus précisément.

Anti-inflammatoire du système respiratoire supérieur

Pour la première indication, je vais remonter dans mon passé, il y a probablement une vingtaine d’années. Je faisais une sortie avec un de mes enseignants de l’époque. Et on était en train d’identifier toutes ces petites lamiacées qui ne payent pas de mine car elles n’ont pas la flamboyance d’un thym ou d’un origan ou d’une menthe (je parle d’un point de vue aromatique).

Donc on regardait les lamiers et autres balottes, épiaires, galeopsis, etc. Et j’ai posé la question suivante : si c’est une Lamiacée, que ce n’est pas une aromatique classique, qu’elle a cette odeur un peu désagréable, un peu fétide, ça nous dit quoi ?

Et l’enseignant avait pas mal réfléchi et m’avait dit : au minimum, ce sont d’excellents anti-inflammatoires et asséchants du système respiratoire supérieur. Et je pense qu’il m’a fallu quelques années pour comprendre cette phrase.

Décortiquons. Déjà, la localisation : le système respiratoire supérieur. Le nez, les sinus, la gorge, l’oreille moyenne éventuellement. Si ces zones sont enflammées, ces plantes vont calmer l’inflammation. Elles seront aussi asséchantes, dans le sens où elles vont calmer les écoulements clairs et abondants. Dans mon esprit, on est plus dans le chronique et l’allergique que dans l’aigu et l’infectieux.

Donc un nez qui coule abondamment, qui vient peut-être irriter la gorge avec tous ces écoulements post-nasaux qui descendent à l’arrière de la gorge. Donc avec, peut-être, une gorge enflammée.

Et on va s’arrêter à ces zones-là. Si ça descend dans les poumons, on est dans le respiratoire inférieur, et ce n’est pas vraiment la spécialité de la plante.

On est plus ou moins dans la rhinite, sinusite, pharyngite, laryngite chronique, fort probablement allergique. Avec beaucoup d’écoulements. Pour l’oreille moyenne, on pensera plutôt à l’otite séreuse avec cette dimension d’inflammation chronique avec présence de liquide. On revient, en fait, à ces deux propriétés : anti-inflammatoire et asséchant.

Ici nous avons un cocktail de constituants qui est vraiment très intéressant avec des tanins, flavonoïdes, iridoïdes, mucilages. Et on peut faire de bonnes combinaisons avec plantain, verge d’or, cassissier, romarin pour ces situations.

Asséchante du système génital féminin

Le deuxième type d’indication touche le système reproducteur féminin et concerne, là encore, les écoulements. De sang ou de mucus, de glaires.

L’indication la plus mentionnée dans les ouvrages classiques, ce sont les leucorrhées (qu’on appelle aussi les « pertes blanches »). Rudolf Weiss, le fameux médecin à l’origine du renouveau de la phytothérapie moderne en Allemagne, explique qu’une fois qu’on a enlevé les cas pathologiques de leucorrhée, que l’on parle d’infections fongiques, de parasites, de carcinome (donc attention, diagnostic médical d’abord), il reste des leucorrhées sans causes apparentes.

Weiss les appelle « leucorrhées constitutionnelles ». Et à son époque, il les positionne plutôt chez les jeunes filles et jeunes femmes. Si elles sont gênantes, Weiss recommande ici les plantes en prise interne, et conseille les plantes dites « toniques utérins » ainsi que les plantes riches en silice (ça c’est intéressant), probablement pour fortifier et restructurer les tissus et faciliter la formation de collagène.

Weiss recommande ici l’achillée millefeuille, la prêle, l’alchémille ainsi que le lamier blanc. Les quatre combinées font un excellent mélange pour toutes sortes de pertes utérines.

Pour le lamier blanc en particulier, Weiss rajoute que l’application locale sur les parties génitales peut complémenter la prise en interne. Mais il insiste sur le besoin de rajouter une tonique utérine comme l’achillée pour obtenir de bons résultats. L’achillée, c’est un peu l’incontournable ici !

Petite parenthèse, Weiss parle de leucorrhée sans cause apparente, mais si une cause a été identifiée, comme dans les cas de candidose vulvo-vaginale, c’est tout à fait le type de plante et de mélange que l’on peut utiliser en interne et en externe.

On passe maintenant la parole à notre cher Henri Leclerc, qui explique que « le lamier blanc parait exercer une influence réelle sur la circulation utérine. Son suc m’a fourni un succès complet chez une jeune fille anémique dont les époques menstruelles donnaient lieu à des métrorragies et à une abondante leucorrhée; même résultat chez une arthritique à utérus scléreux et rétrofléchi, l’alcoolature de la plante était le médicament qui venait le mieux à bout de métrorragies auxquelles elle était sujette ; je lui faisais prendre cette alcoolature à la dose de 5 à 20 grammes par 30 gouttes toutes les demi-heures. »

Alors, plusieurs points à noter ici. D’abord, le fait qu’il mentionne le profil de jeune fille anémique. On est dans la faiblesse et la froideur constitutionnelle ici, manque de circulation, manque de fonction.

Ensuite, pour son deuxième cas, vous notez ici le protocole de Leclerc ? 30 gouttes toutes les demi-heures jusqu’à 5 à 20 g, c’est-à-dire, en arrondissant, jusqu’à 1 à 5 cuillères à café. On réalise que ça fait beaucoup. Mais divisées en prises de 30 gouttes très rapprochées dans la journée. Et ça, c’est un type de dosage que j’ai parfois pu recommander qui peut fonctionner remarquablement bien. Les Américains, chez qui j’avais appris ce type de dosage, appellent ça « dosage pulsé ».

Bien. On donne maintenant la parole à Valnet qui explique que le lamier blanc est un remède à spécificité utérine. Je crois qu’ils sont tous d’accords sur ce point. Il insiste sur deux indications, les pertes blanches et les métrorragies. Donc on rajoute métrorragies à nos indications, les saignements hors des règles.

Les causes principales des métrorragies aujourd’hui sont les fibromes ou polypes utérins, les problèmes d’endométriose ou d’adénomyose, le syndrome des ovaires polykystiques, la préménopause. Mais il peut aussi y avoir des causes pathologiques plus ou moins graves. Donc diagnostic médical nécessaire avant toute chose.

Ici le lamier blanc agit comme tonique vasculaire et astringent des petits vaisseaux, un peu comme une vigne rouge, alchémille ou autre astringent de la sphère utérine.

En phytothérapie américaine, on rajoute les ménorragies à la liste, c’est-à-dire les règles trop abondantes. Et effectivement, c’est une plante qu’on peut rajouter aux mélanges « règles abondantes » avec d’autres classiques comme alchémille et feuilles de framboisier.

Je vais m’arrêter là pour les indications. Comme je vous disais, la plante peut faire bien d’autres choses, mais arriver à identifier assez précisément deux domaines d’utilisation, c’est intéressant car ça nous aide à la positionner dans notre trousse à outils.

Cela dit, je ne peux pas m’empêcher de vous en donner une petite dernière qui se retrouve, là encore, chez plusieurs auteurs : les saignements pulmonaires, qu’on appelle hémoptysie. On est ici dans les problématiques de cancer du poumon et de tuberculose, donc bien évidemment, situation réservée au corps médical.

Lamier blanc plusieurs tiges


Formes et quantités

En ce qui concerne les formes et quantités.

  • L’infusion reste la forme traditionnelle. Le goût n’est pas transcendant, mais ça passe. C’est un goût vert qui rappelle un peu l’épinard, très minéral, comme si c’était un peu salé, avec une petite amertume et une petite astringence. Une cuillère à dessert de feuilles coupées ou de fleurs par tasse chez Valnet, bouillir 10 minutes (donc une décoction), 2 ou 3 tasses par jour entre les repas. Je précise qu’une simple infusion des feuilles fonctionne aussi.
  • Teinture ou alcoolature : 2 à 4 cuillères à café par jour chez Valnet.
  • Pour l’application externe, une poignée de plante sèche dans un litre d’eau, bouillir 10 minutes, pour bain de siège par exemple.
  • Et pour finir, une recette de sirop fabriqué à partir de la teinture, que l’on retrouve chez plusieurs auteurs, qui proviendrait d’un certain Florain :
    • 100 g de teinture de lamier blanc
    • 50 g de sirop simple (c’est-à-dire un simple sirop de sucre)
    • 25 g d’eau
    • Fournier conseille 1 cuillère à café toutes les demi-heures jusqu’à cessation des saignements, puis 1 cuillère à soupe toutes les 4 h. Donc dosage pulsé du sirop.

Infusion de lamier blanc


Lamier blanc : précautions

En ce qui concerne les précautions d’emploi, je n’ai rien trouvé dans les ouvrages classiques, rien dans les ouvrages modernes qui ne répertorient pas souvent cette plante. Ce qui veut pas dire qu’il n’y en a pas, juste que nous n’avons rien dans les ouvrages classiques, rien de mentionné.

Et c’est tout ce que j’avais à vous dire sur le lamier blanc. Je pense vraiment qu’il a sa place dans la pratique moderne et j’espère que cet épisode vous aura aidé à le positionner.

Merci pour votre écoute, je vous dis à très vite pour un nouvel épisode.

eBook - Grand manuel pour fabriquer ses remèdes naturels - Edition 2024

Nous soutenir

Pour nous aider à maintenir la gratuité de toutes les informations que nous mettons à votre disposition depuis 2010, voici comment vous pouvez contribuer à notre projet.

Qui sommes-nous ?

Aujourd’hui, AltheaProvence, c’est Christophe, Sabine, Aude, Émilie et Marie. Nous sommes là pour vous accompagner dans votre découverte des plantes médicinales. 

Mentions légales - Conditions Générales de Vente - Conditions Générales d'Utilisation

Abonnez-vous à la lettre d’information gratuite de Christophe afin de garder ou retrouver la santé grâce aux plantes. En vous abonnant, vous recevrez le livret gratuit « Les 6 plantes pour les petits bobos de tous les jours ».